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X²=-4 : Les intermondes: Les intermondes

By Regale, Eau

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Book Id: WPLBN0002822001
Format Type: PDF (eBook)
File Size: 1.75 mb
Reproduction Date: 12/21/2012

Title: X²=-4 : Les intermondes: Les intermondes  
Author: Regale, Eau
Volume:
Language: French
Subject: Non Fiction, Philosophy, Surréalisme
Collection: Authors Community
Subcollection: Short Stories
Historic
Publication Date:
Publisher: Ethnologie Moeurs Sexualité Rites
Member Page: eau regale

Description
10 récits ethnologiques à connotation sexuelle.

Summary
Nouvelles surréalistes

Excerpt
La eunuque Ce soir j’avais rendez-vous avec une femme un peu spéciale, une femme d’un autre monde, une femme d’un autre temps… Accompagnée par celle qui m’avait contacté, elle avait l’air d’une femme dépouillée de tout, vidée de sa substance féminine, une femme totalement nue, en l’occurrence simplement couverte d’une sorte de linceul ; son guide ayant tout bonnement l’air d’une ethnologue. J’avais ouvert la porte de mon appartement et j’avais dirigé les visiteuses vers le salon. Après les avoir accueillies avec quelques civilités, mon contact lança la discussion : — Je vous présente Kéra. C’est le nom qu’elle m’a indiqué. Elle dit avoir oublié son prénom d’origine, mais elle reconnaît être originaire du pays décrit comme étant l’Australie. — Enchanté… Elle parle quelle langue ? — Le Langala ; c’est la langue de là-bas. C’est où, là-bas ? je ne le savais pas et il allait de soi que je n’étais pas censé le savoir ; j’étais même censé le découvrir. C’est quoi cette langue ? une des 3700 parlées sur terre, ou la 3701ème ? La femme mystère ne parlait pas. Elle évitait mon regard ; son regard m’évitait purement et simplement. Tout en elle évitait manifestement le contact avec l’homme que j’étais. « Je pense que son histoire vous intéressera », avait dit mon interlocutrice, « on m’a parlé des ouvrages que vous publiez », et son histoire c’est l’histoire d’une eunuque ; « une femme eunuque », avait cru bon de spécifier la femme qui m’avait contacté par courriel. L’histoire de cette femme se passe dans un pays montagneux fort méconnu, le Karkal, et plus précisé¬ment dans l’Ourangala, un désert de roche vierge, là où s’est constituée une secte de femmes eunuques : les Lalilas. C’est dans cette région inhospitalière du globe que des femmes ont choisi de vivre une vie monastique, sans hommes, dès la seconde moitié du XXème siècle. Survivant des rares pluies et même plutôt des rosées, ainsi que de potagers sauvages, se soignant des rares plantes poussant en cet endroit sec et chaud, elles vivent nues dans des demeures troglodytes comme au premier jour de leur naissance, en consacrant leur temps, telles des Amazones pacifistes, à la médiation et au culte animiste d’une déesse Mère : Loulila. La plupart des Lalilas naissent dans la communauté, mais certaines viennent à l’âge adulte des quatre coins du monde (des femmes qui ne supportent pas l’existence même des hommes, et qui supportent encore moins d’avoir été « conditionnées », comme elles disent, à vivre avec eux, pour eux, comme eux), attirées par la promesse d’une vie sereine – débarrassée de tout apparat masculin, libérée de tout mode de vie à connotation masculine – que les Lalilas leur ont faite au cours de leurs voyages missionnaires – en quête de femmes égarées dans le monde sexué, de femmes terrassées par la violence sexuelle dont elles ont pu être les victimes et aussi les auteurs, quelquefois infanticides –. Suivant qu’elle est née dans la commu¬nauté Lalila ou ailleurs, le statut d’une Lalila est sensiblement différent. Comme une fille née d’une Lalila, une femme du monde ne peut devenir Lalila qu’après avoir enfanté (toujours une fille, grâce à un procédé singulier qui demeure le secret des Lalilas). Après s’être fait engrosser par un homme, au cours d’une « expédition inséminante », elle revient dans la communauté, au sein de laquelle, tout comme les Lalilas novices originaires de l’Ourangala, elle sera maintenue à l’écart jusqu’à l’accouchement et la cérémonie de consécration. Afin de se rendre fascinantes aux yeux des hommes dont elles veulent recueillir la semence, et comme préalable à toute intégration dans la communauté des Lalilas, les femmes se font préalablement circoncire (elles se font exciser le prépuce clitoridien et les nymphes). Dès lors que la grossesse est engagée, elles subissent une clitoridectomie ; si la femme est stérile, elle devient une Lalila mission¬naire, mais son intégration dans la communauté des Lalilas implique, d’une part qu’elle subisse la clitoridectomie, d’autre part qu’elle trouve au moins une femme du monde volontaire pour devenir Lalila (preuve qu’elle aura fait sienne, intimement, profondément, la philosophie et l’identité des Lalilas). Cela constitue la première étape avant l’accès à la communauté ; une étape informelle qui permet de jauger la détermination de la femme, sa capacité d’abnégation, de renonciation. Ainsi, avant d’être circoncises ou même durant la circoncision, certaines candidates renoncent à intégrer la communauté. Les femmes nées dans la communauté Lalila subissent également une cir¬concision et une nymphectomie, avant de subir une clitoridectomie sitôt la gravidité avérée (effectuée sur des femmes jeunes et mûres, la clitoridec¬tomie rend les femmes plus aptes à affronter la rudesse de la vie, et partant, elle prépare aux douleurs de l’accouchement, qui devient beaucoup moins éprouvant – une femme excisée n’étant pas douillette, pas cha¬touilleuse, pas narcissique, pas capri¬cieuse – ; en fait la clitoridectomie fait disparaître la quasi totalité des plus détestables traits de caractère féminins) ; les Lalilas stériles deviennent prêtresses, intendantes, missionnaires. Qu’elles soient originaires du monde ou de l’Ourangala, la vie des Lalilas commence par la cérémonie de la castration, au cours de laquelle l’abdomen est incisé de façon à ce que la prêtresse puisse extraire les ovaires : c’est la première communion – avec Loulila –. Suit une seconde communion, qui consiste en une hystérectomie et une ablation du vagin ; à cette occasion c’est une plus importante entaille qui est pratiquée dans l’abdomen ; le vagin est retiré et le vestibule est suturé. Enfin, lors d’une cérémonie de consécration, la novice achève d’être faite eunuque par infibulation. Au terme de ces interventions de sanctification, la femme est considé¬rée comme pure : elle cesse d’avoir des humeurs variables, des désirs pertur¬bateurs, des pensées délétères, des envies egotiques, des jalousies perver¬ses, des paroles méphitiques… elle cesse de penser le genre masculin et d’avoir un penchant pour la gent masculine. Si aucune fille de Lalila n’a jamais refusé de subir une circoncision et une excision, il est arrivé que certaines refusent de devenir pleinement Lalilas ; leur opposition est attribuée au contact avec le reste du monde ainsi qu’au plaisir sexuel éprouvé lors des expéditions inséminantes. Elles quittent alors la communauté ; des années plus tard, quelques unes viennent rendre visite à leur mère, tandis que d’autres viennent réinté¬grer la communauté en acceptant d’être faites asexuées. Si elles ne sont plus guère expressives et si elles n’ont pas de distractions au sens où nous l’entendons, la vie sensible des Lalilas s’exprime toutefois en certaines occasions, particulièrement par le chant. Tout cela n’était qu’un avant-goût de ce qui devait être porté à la connaissance du public. L’émotion suscitée par le fait insupportable et sa dimension inhumaine devait se fondre dans une dimension mystique, sublime, merveilleuse. La dimension spirituelle devait donner à la pratique de « l’émasculation féminine » la légitimité que l’on s’acharne à lui refuser ; par infantilisme maladif, par aveuglement dogmatique, ou par appré¬hension culturelle.

Table of Contents
Table des nouvelles L’origine (de l’espèce humaine) 1 La eunuque 16 Les codes de bonne conduite 43 L’Olympe du sexe 79 Le 8ème péché capital 99 Péripatéticiens 133 Terra Nebula, l’île du baiser phallique 178 Au nom des enfants 215 Un monde merveilleux 225 L’origine de la fin du monde 232

 

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